Texte déposé par
Laurianne Deniaud, Présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes ;
Les animateurs fédéraux
Joris Badol (02), Jérémie Maurel (03), Mathieu Bonnet (06), Florian Lecoultre (08), Simon Vienne (10), Alix Alcaraz (11), Samy Sidani (13), Simon Gandon (14), Franck Rey (15), Jérôme Petit (16), Bertrand Gire (17), Thomas Darnault (18), Laurence Mary (2B), Lucie Bousser (24), Leila Delefortrie (29), Astrid Bragato-Montane (32), Juliette Perchepied (33), Merry-Lène Laballe (34), Martin Meyrier (35), Julien Chambrin (37), Anthony Aly (38), Marion Bazille (39), Julien Paris (40), Loïc Volat (41), Pierrick Courbon (42), Danyssa Romeas (43), Lucas Trotouin (48), Claudie Launoy (50), Clément Robert (51), Slim Ghallal (52), Fayçel Hadjersi (54), Amandine Briy (55), Alizée Ostrowski (57), Rosa Chaouch (58), Anne Duval (61), Emilie Laury (62), Simon Piveteau (64), Romain Silvasi (66), Jean-Baptiste Gernet (67), Maël Harter (68), Lucie Briatte (69), Quentin Mayerat (74), Pierre Doubovetsky (75), Morgan Vallet (77), Clément Déligné (78), Benjamin Lucas (80), Jonathan Lahiani-Pierquin (81), Sami Bouzid (83), Elena Winterhalter (84), Vivien Wack (90), Yoann Simboiselle (91), Mathilde Giraud (92), Benjamin Derothe (93), Sébastien Lombard (95), Emmanuel Ravi (971), Cindy Dijoux (974) ;
Les coordinateurs régionaux
Quentin Maridat (Aquitaine), Kevin Bodé (Basse Normandie), Rémi Dumortier (Champagne- Ardenne), Benjamin Guichard (Franche-Comté), Rose Michel (Ile de France), Darine Derouiche (Lorraine), Victor Burette (Nord-Pas de Calais), Heidia Maoui (Provence Alpes Côte d’Azur), Sébastien Carrara (Picardie), Lucile Ferlay (Rhône Alpes) ;
Les membres du Bureau National
Nicolas Anoto, Yacine Baouch, Elise Boscherel, Morgane Caradec, Johann Cesa, Chahra Chibati, Jonathan Debauve, Pauline Dreano, Damien Flament, Anthony Krehmeier, Sylvain Laval, Sylvie Mantion, Thierry Marchal-Beck, Emilie Mirdjanian, Joaquim Nadjem, Laurène Pasquier, Mélanie Pauli-Geysse, Nicolas Perera, Marion Pigamo, Guillaume Renaud, Aurélie Rida, Rama Sall, Marc Stelhin, Elodie Szturemski, Simon Thirot, Victor Vidilles, Michael Zemmour ;
Les membres de la Commission Nationale d’Arbitrage
Amine Bouabbas, Azad Balalas, Julien Bruneel, Alexandre Debray, Arnaud Drouot, Line Hurtado, Mathilde Maulat, Morgane Ollivier, Fanny Panhaleux, Miguel Tejos et Barbara Verlhac.
Pendant plus de trois mois, des millions de Français ont exprimé leur opposition à la réforme des retraites voulue par le gouvernement et Nicolas Sarkozy. Le peuple de gauche existe et s’est mobilisé. Ce sont des salariés qui ont sacrifié plusieurs journées de salaires et ce sont des étudiants et des lycéens qui ont fait le choix de rater des journées de cours afin de revendiquer leur droit à la retraite à 60 ans et leur volonté d’une réforme juste au sein d’un modèle solidaire. Tous se sont mobilisés, unis, aux côtés des syndicats et de la gauche dans son ensemble et n’ont pourtant essuyé que mépris et violence. Violence démocratique par le mépris des millions de manifestants, tout comme le mépris des droits des parlementaires. Violences policières non pas à l’encontre de «casseurs» mais de salariés, d’ouvriers, d’étudiants, de lycéens.
A l’occasion de ce mouvement social sur les retraites, la bataille dans l’opinion a été gagnée. Cette victoire dans l’opinion a été le fruit d’un travail de conviction comme jamais depuis 2007, à l’instar du débat sur le traité constitutionnel européen en 2005 ou lors de la mobilisation contre le Contrat Première Embauche en 2006. Cela a été possible par une unité du mouvement syndical mais aussi par l’engagement entier de la gauche politique, dans toutes ses composantes. La gauche, lorsqu’elle marche sur ses deux jambes, sait faire face au matraquage gouvernemental et sait convaincre le peuple du bien fondé du combat. Cependant, nous faisons face à une droite extrême qui ne cède sur rien. Une mobilisation qui n’aboutit pas sur ses mots d’ordre peut produire de la résignation, un sentiment que se battre ne sert à rien.
Mais, nous l’avons tous senti, cette mobilisation a allumé un espoir dans le cœur et la raison des salariés et des jeunes, espoir auquel il nous appartient de répondre. Ensemble, ils ont repris conscience de leur place dans la société, et de leur force lorsqu’ils s’unissent.
Au-delà de la question des retraites, un mécontentement plus général émerge dans notre pays. Les jeunes sont inquiets pour leur avenir car ils ne sont pas certains de trouver un emploi correspondant à leur qualification en entrant sur le marché du travail, ils voient qu’il n’y a aucune politique de l’emploi volontariste alors que le niveau de chômage des jeunes est très élevé, ils voient que les prix des logements les contraignent et freinent leur prise d’autonomie.
Si la droite est rejetée dans ses propositions, la gauche de son côté ne suscite pas d’adhésion massive. A l’unité syndicale n’a pas répondu l’unité politique ; et les revendications exprimées lors de la mobilisation n’ont pas trouvé de déclinaison politique portée fortement à gauche.
Le besoin et aussi l’envie de gauche sont très forts aujourd’hui et nous sommes face à nos propres responsabilités. Soit nous serons à la hauteur des exigences et nous pourrons tout mettre en œuvre pour amener la gauche au pouvoir et transformer la société ; soit nous échouerons et ce seront encore une fois les plus faibles qui en payeront le prix ; et avec eux la démocratie qui en subira un lourd tribut, avec la montée en puissance de l’extrémisme et du communautarisme.
Etre à la hauteur, être crédible, prendre ses responsabilités c’est répondre aux aspirations des jeunes, des ouvriers et des salariés, des hommes et des femmes qui souffrent et qui espèrent, à eux et à personne d’autre. Ils nous ont envoyé un message clair en cette rentrée : il nous faut porter un véritable projet de société alternatif, ambitieux, et dérouler notre feuille de route. Cela est indispensable si nous voulons transformer la victoire idéologique de 2010 en une victoire politique en 2012.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes a encore quelques étapes à franchir pour être prêt à affronter la présidentielle. Ses militants ont l’envie de vaincre. C’est à l’organisation de permettre à chacun de contribuer à sa manière à la victoire en 2012.
Notre stratégie repose sur une feuille de route :
- Proposer un projet pour la jeunesse : c’est un pacte pour la jeunesse que nous voulons proposer aux candidats aux primaires afin qu’ils s’engagent devant les jeunes de France. Les débats nationaux Perspectives 2012 menés depuis un an par les jeunes socialistes serviront de base propositionnelle pour constituer un projet cohérent, des propositions concrètes et réalisables, sur les sujets qui concernent les jeunes et les intéressent.
- Donner la parole à ceux qui ne l’ont pas : nous souhaitons que chacun puisse s’emparer du pouvoir là où il est, dans son entreprise, dans son cadre de vie, dans les services publics… C’est pourquoi nous faisons le choix de lancer les réseaux afin que chacun trouve sa place (Cités en mouvement et jeunes ruraux).
- Permettre à chacun de décider : les primaires constituent un droit nouveau, celui de décider qui sera celui ou celle qui représentera la gauche au second tour de la présidentielle en 2012. Le vote aux primaires est ouvert à toutes celles et tous ceux qui constituent le peuple de gauche et qui pourtant sont sous-représentés dans les appareils politiques. C’est à eux que s’adressent ces primaires. Elles s’adressent aussi aux 15-17 ans qui ne pourront voter en 2012 mais qui pourront, parce qu’ils rejoignent les jeunes socialistes, décider de la candidature.
Pour Gagner en 2012 le vote des jeunes sera essentiel : nous irons chercher l’électorat abstentionniste et tous les primo-votants, c’est-à-dire les 3,9 millions de jeunes qui voteront pour la première fois à une élection présidentielle en 2012. Cela implique de :
- Privilégier nos propres médias aux médias dominants par une communication directe auprès des jeunes : de la newsletter, dont le nombre de destinataires doit grossir jour après jour, à la MJS-TV en passant par le développement des blogs et de notre présence sur les réseaux sociaux : nous devons construire nos propres espaces de diffusion et construire notre présence directe auprès d’un public qui peut agir et diffuser avec nous nos messages.
- Rendre plus efficace nos pratiques militantes par une présence sur le terrain redéployée : nous nous donnerons les moyens de cette nouvelle communication en développant notre réseau par la systématisation de pratiques militantes qualitatives car efficaces politiquement, c’est-à-dire l’organisation de porte-à-porte, en ciblant en priorité les 18-22 ans, avec la nécessité de récupérer les mails et les numéros de portables et de les transmettre pour que chaque jeune voit à la fois le dynamisme du militantisme local et sa cohérence avec le message national des jeunes socialistes.
- S’investir pleinement dans l’organisation des primaires, pour que les objectifs de mobilisation des jeunes y soient portés avec force.
La réussite de cet objectif exige de nous, militants du Mouvement des Jeunes Socialistes, de savoir accueillir de nouveaux camarades, de jeunes qui seront des relais à la fois au moment des primaires puis lors de l’élection présidentielle. Nous devons savoir leur donner des responsabilités, leur confier un territoire (une cité U, un village, un quartier, une barre d’immeuble, un lycée…). Les animateurs fédéraux et coordinateurs d’équipe ont l’importante responsabilité d’accueillir, de former, de mutualiser les expériences et d’être de véritables animateurs. Les rangs de la génération changement que nous incarnons seront ainsi élargis et c’est l’alliance des générations militantes successives qui permettra de construire la victoire de la gauche.
Notre feuille de route est claire : nous construisons aujourd’hui un projet clair, audacieux et populaire car en prise avec le réel, qui sera porté par le candidat choisi pour porter nos couleurs à l’occasion des primaires. L’enjeu est grand. Parce que nous sommes attendus, parce nous avons une grande ambition pour la France, chaque jour d’ici la présidentielle compte. Nous avons 527 jours pour gagner.

