Jeunes socialistes, en avant !

Jeunes socialistes, en avant !

Laurianne Deniaud, Présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes, et

les animateurs fédéraux : Jérémie Maurel (03), Richard Carreau (04), Matthieu Bonnet (06), Florian Lecoultre (08), Simon Vienne (10), Alix Alcaraz (11), Samy Sidani (13), Mathieu Quentel (14), Franck Rey (15), Bertrand Gire (17), Thomas Darnault (18), Laurence Mary (2B), Paul Mehu (29), Astrid Bragato-Montane (32), Juliette Perchepied (33), Merry-Lène Laballe (34), Arnaud Bonnet (35), Adrien Paulzac (37), Anthony Aly (38), Marion Bazille (39), Julien Paris (40), Claire Louis (41), Pierrick Courbon (42), Danyssa Romeas (43), Lucas Trotouin (48), Claudie Launoy (50), Clément Robert (51), Slim Ghallal (52), Fayçel Hadjersi (54), Amandine Briy (55), Alizée Ostrowski (57), Rosa Chaouch (58), Anne Duval (61), Guillaume Lescaut (64), Romain Silvasi (66), Jean- Baptiste Gernet (67), Lucie Briatte (69), Quentin Mayerat (74), Pierre Doubovetzky (75), Morgan Vallet (77), Clément Déligné (78), Benjamin Lucas (80), Jonathan Lahiani-Pierquin (81), Sami Bouzid (83), Jérôme Mollet (84), Vivien Wack (90), Laurine Bricard (91), Claire Gabiache (92), Benjamin Derothe (93), Sébastien Lombard (95), Emmanuel Ravi (971), Cindy Dijoux (974);

les coordinateurs régionaux : Quentin Maridat (Aquitaine), Kévin Bodé (Basse Normandie), Joseph Poucineau (Bretagne), Rémi Dumortier (Champagne-Ardennes), Benjamin Guichard (Franche-Comté), Rose Michel (Ile de France), Samia Chouit (Languedoc-Roussillon), Darine Darouiche (Lorraine), Heidia Maoui (Provence Alpes Côte d’Azur), Lucille Ferlay (Rhône-Alpes) ;

les membres du Bureau National : Yacine Baouch, Elise Boscherel, Amine Bouabbas, Morgane Caradec, Johann Cesa, Chahra Chibati, Jonathan Debauve, Alexandre Debray, Pauline Dreano, Sylvain Dubreuil, Damien Flament, Anthony Krehmeier, Sylvain Laval, Sylvie Mantion, Thierry Marchal-Beck, Emilie Mirdjanian, Joachim Nadjem, Laurène Pasquier, Mélanie Pauli-Geysse, Nicolas Perera, Marion Pigamo, Guillaume Renaud, Rama Sall, Elodie Szturemski, Simon Thirot, Barbara Verlhac, Victor Vidilles, Michaël Zemmour ;

les membres de la Commission Nationale d’Arbitrage : Nicolas Anoto, Azad Balalas, Julien Bruneel, Arnaud Drouot, Tristan Lahais, Mathilde Maulat, Morgane Ollivier, Fanny Panhaleux, Aurélie Rida, Miguel Tejos, Line Urtado.

Alors que les banques mondiales étaient au bord de la faillite, que le monde entier vivait au rythme des annonces de banques défaillantes, que les bourses mondiales menaçaient d’exploser, les gouvernements mondiaux, devenus dés lors boulimiques de grandes réunions mondiales pour réformer le capitalisme, nous promettaient déjà une refonte complète des règles du jeu, et multipliaient les grandes messes au nom de la « moralisation du capitalisme ».
En ce début d’année 2010, force est de constater que pour certains, rien n’a changé.
La crise aurait pu être l’occasion de changer de cap, elle sert au contraire de justification à l’avènement d’une nouvelle phase du capitalisme qui fait peser sur les citoyens les charges violentes de sa reconversion. Cette crise n’est en fait que le maillon d’une longue chaine qui se déroule au fil de l’évolution d’un système de surexploitation de l’homme et de la nature.
La crise n’aura pas permis ce tournant historique qu’on nous annonçait, cette nouvelle donne qu’on attendait. Elle a permis au contraire au gouvernement de s’en servir comme épouvantail pour justifier l’absence de réponse à la précarité, aux inégalités, à l’exclusion, qui sont, chaque jour, le lot commun d’une part croissante de la population.
Démissionnaire, la droite met en scène un débat public déconnecté des réalités de notre société. Faux débats et amalgames sont ainsi les ingrédients réunis par la droite pour faire diversion et monopoliser la gestion de l’agenda politique et médiatique. Elle peut alors nier ses responsabilités pour cacher les maux derrière des mots.
En décrédibilisant ainsi l’action politique, le gouvernement insulte la démocratie, et met à mal la République. C’est à la gauche que revient la responsabilité de leur redonner tout son sens en construisant l’alternative.

La crise permanente

La crise comme mode de gestion et d’ajustement du capitalisme

Un système qui ne meurt pas mais se réadapte en permanence

Régulièrement, chaque continent est marqué par les réajustements du capitalisme à travers des crises plus ou moins violentes. L’amplitude mondiale de la dernière en date a forcé les gouvernements mondiaux à proposer un rendez-vous historique pour réguler l’économie mondiale. Mais aux belles déclarations d’intention ont succédé les actes, révélateurs d’une supercherie à l’échelle planétaire. Les institutions financières ont su reconstituer leurs fonds propres, principalement grâce à l’argent public. Et aberration ultime, la bourse, censée être un outil de financement de l’économie réelle, la ponctionne aujourd’hui au profit des actionnaires. L’argent des contribuables a finalement permis de remettre à flot ceux qui ont perdu au casino, en leur attribuant en plus une prime à la dérive.

L’homme et la nature, variables d’ajustement du capitalisme

Ce système a pour mode de fonctionnement la surexploitation de la nature et de l’homme qui sont les variables d’ajustement de sa reconversion. Ces derniers en sont réduits à être traités comme des matières brutes exploitées au rythme du marché. Dés lors, les conséquences environnementales sont quasiment irréversibles et le chômage de masse s’inscrit durablement dans la société entrainant notamment compression salariale, précarisation des contrats et dégradation des conditions de travail. Persister dans cette voie serait comme foncer dans un mur à toute vitesse. Mais aucun frein n’existe à l’intérieur de ce système qui fonctionne grâce à une spirale d’exploitation permanente dans laquelle le citoyen est pris au piège en travaillant plus pour consommer plus, où le moins disant salarial incite à la recherche des produits les moins chers, accentuant ainsi la baisse des salaires et le développement de productions peu regardantes sur la qualité. Le système fait du travailleur, un esclave ; du citoyen, un client ; du consommateur, un exploiteur. C’est un nouvel ordre social qui s’inscrit désormais dans la durée.

Des processus d’exclusion durables

La perte d’identité sociale par le chômage de masse

L’emploi est l’un des constitutifs de l’identité sociale. En effet, c’est le plus souvent par l’emploi que l’on caractérise aujourd’hui la place d’un individu dans la société. Si le temps de travail doit être réduit pour bénéficier plus longtemps de son temps libre, si les conditions de travail doivent être améliorées pour mettre fin au travail qui use ou tue, le travail apporte une identité sociale, une fierté et permet ainsi à l’homme, par lui-même, de se libérer des contingences matérielles. Cependant, les difficultés grandissantes d’accès à un emploi durable participent pleinement de la déconstruction du lien social. Le chômage de masse est ainsi un véritable cancer pour la cohésion sociale.
Le CDI est, à chaque crise, mis à mal, que cela soit par la destruction d’emploi, ou, par un refus, par la suite, d’embaucher en CDI, comme si l’entreprise devait déjà se prémunir de la future crise en s’assurant la possibilité de se défaire de ses salariés à tout moment. Le cercle de ceux qui sont pleinement intégrés à notre société se réduit chaque jour, tandis que le processus d’exclusion fonctionne comme les cercles concentriques de l’enfer de Dante où chaque niveau vous pousse à être demain encore plus exclu. Cela illustre la précarité de notre société, la perte de solidarité tout comme la prégnance du phénomène de déclassement qui est loin d’être un ressenti. Ce phénomène s’accompagne d’une convergence des processus d’exclusion. Le processus d’exclusion du monde de travail s’amplifie et se renforce par les inégalités dans l’accès aux soins, à l’alimentation saine, aux transports, à la culture, à un logement salubre… Ainsi, les travailleurs les plus précaires se déplacent sur certains territoires, renforçant ainsi l’exclusion territorialisée.

L’exclusion territorialisée

Les citoyens ne sont pas égaux face à cette situation selon les territoires. Le processus d’exclusion a sa propre géographie qui repousse loin du centre ceux qui ne sont pas intégrés, que cela soit dans les quartiers populaires (notamment les Zones Urbaines Sensibles) mais aussi les zones rurales. Ainsi le taux de chômage est deux fois plus important dans les Z.U.S. Dans les zones rurales, l’exclusion est aussi forte, même si elle est plus insidieuse. La suppression en masse de l’emploi public par la droite, le peu d’emplois dans le secteur privé, la volonté gouvernementale de désertifier ces zones, laisse la France meurtrie dans ses campagnes.

L’émergence d’un modèle de société basé sur le communautarisme, à l’opposé des valeurs de la République, est la conséquence directe de cette perte de cohésion sociale engendrée par l’exclusion.
L’État ne joue plus son rôle : à l’instar du dernier plan banlieue, pour justifier le fait que l’on déshabille la République, la droite met en avant le sacrosaint concept de l’égalité des chances. Comme s’il suffisait de mettre tout le monde sur la même ligne de départ sans prendre en considération le système de sélection et donc d’exclusion, les inégalités sociales, et l’inégale répartition du capital culturel, économique et politique. Comme si tous ceux qui ne franchissent pas la ligne d’arrivée ne le doivent qu’à leurs propres errements. Par cette stratégie, la droite met en œuvre l’isolement des citoyens, au lieu de leur offrir un cadre collectif qui devrait être garanti par la République. Il est donc urgent d’apporter une réponse durable et de mettre fin à ce processus d’exclusion. C’est pourquoi, pour nous, jeunes socialistes, l’alternative commence aujourd’hui.

Faire face au présent et préparer l’avenir

Répondre à l’urgence sociale Mettre les questions sociales au cœur de l’agenda politique

Si nous ne voulons pas nous laisser imposer l’agenda de la droite, en étant dans la réaction permanente à ses attaques, nous avons la responsabilité de porter certaines priorités sur le devant de la scène. Nous devons offrir dès aujourd’hui un débouché aux attentes de ceux qui vivent au quotidien un parcours du combattant. Sachons esquiver le brouillage médiatique de la droite, et menons la bataille autour des priorités des victimes de la crise du logement, du chômage et de l’exclusion.

Les socialistes au cœur des mobilisations sociales

L’histoire nous l’a suffisamment enseigné : afin d’être au cœur des réalités sociales, la place de notre famille politique est d’être aux cotés de ceux qui souffrent. On l’a vu, plus d’un million de manifestants s’affichant contre les récents projets de lois et de réformes ne font plus flancher le gouvernement. Le progrès social se conjugue toujours au pluriel : aucune majorité politique n’est possible sans majorité sociale, et seule, la majorité sociale ne tient jamais longtemps face aux forces de l’argent. Nous devons écouter les préoccupations, porter des propositions claires qui répondent aux aspirations de ceux qui se mobilisent, mais aussi nous battre à leurs côtés, et travailler ensemble pour apporter des solutions durables.

Elections régionales : l’enjeu majeur

Face au bulldozer libéral de la droite, les citoyens ont besoin d’une victoire politique de la gauche aux élections régionales. Il faut reconnaître l’action des régions socialistes qui est positive, dans des compétences qui leur sont propres : transports, construction et entretien des lycées, aménagement du territoire… mais aussi dans des domaines d’intervention où l’Etat présente des lacunes : la santé, la formation professionnelle ou encore le développement économique.
C’est d’abord important pour les régions elles-mêmes qui sont le garant d’une politique de proximité et d’égalité de prestations sur le territoire. Elles sont le résultat de projets de vie de qualité : nous ne pouvons laisser à ceux qui privatisent La Poste et démantèlent l’hôpital public le soin de privatiser les TER, construire les lycées avec des partenariats public-privé ou organiser la formation professionnelle sous la dictée des MEDEF régionaux… Une victoire de la gauche aux élections de mars prochain est la garantie d’une politique sociale écologique et solidaire à l’échelle régionale, qui doit nécessairement s’accompagner de l’émergence d’un autre modèle de développement au niveau national et international pour prendre tout son sens, à l’heure où nos territoires sont le réceptacle des évolutions du monde .

Ouvrir la voie d’un autre projet de société

Nouveau modèle de développement et socialisme

En même temps que nous devons apporter des réponses aux maux actuels qui tendent à marquer durablement notre société et qui se résument en trois mots : chômage, précarité, inégalités ; nous devons travailler sur le long terme à l’émergence d’un autre modèle de développement.
Les socialistes sont attendus au tournant. Le texte d’orientation adopté par les militants du MJS en novembre dernier brosse les contours du modèle de développement que nous souhaitons construire. Nous défendons le socialisme démocratique ; nous voulons une nouvelle répartition des richesses et changer les conditions de sa production, pour permettre l’émancipation des individus, mettre l’égalité au service de cette aspiration, et garantir ainsi l’autonomie à chacun.

L’alternative s’écrit au pluriel

L’alternative n’est pas seulement l’écho de nos souffrances, elle n’est pas seulement le reflet de nos résignations. Elle est le cri de nos volontés pour cette autre France que nous voulons. Lutter contre les entreprises injustes de la droite, mettre en exergue notre modèle de société, c’est ainsi que nous participerons à renforcer le souffle alternatif qui nous portera au pouvoir en 2012 et développer la dynamique d’union de la gauche et ce climat de travail jusqu’à cette échéance.
Cela passe par un travail collectif avec les syndicats, les associations et les citoyens pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Il nous faut engager ce travail avec tout ceux qui fondent encore l’espoir d’un changement radical de la société : nous avons ainsi fait le choix de l’intelligence collective dans le cadre de perspectives 2012.
Enfin, l’alternative n’est possible que si le peuple réinvestit pleinement la démocratie. Dés aujourd’hui avec la campagne des régionales, notre objectif doit être la participation des citoyens en général et des jeunes en particuliers. L’abstention est aujourd’hui profondément ancrée dans notre système politique. Nous savons que celle-ci recoupe les processus d’inclusion-exclusion de notre société et nous refusons une démocratie dévoyée qui, étant incapable de transformer la société accepte, voire organise, que des pans entiers de la population, peut-être la majorité, s’abstiennent. Il n’y a pas de véritable prise de pouvoir par la gauche ni d’avènement d’une République sociale, laïque et écologique sans une prise de pouvoir massive du peuple qui permet dans la durée de transformer radicalement la société. C’est pourquoi, notre objectif doit être d’amener le plus de monde possible dans le champ politique par une campagne de proximité lors des régionales aujourd’hui, et par une véritable mobilisation citoyennes lors des primaires.

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