Nous sommes les héritiers du combat pour la liberté et l’égalité.
La société féodale était organisée autour d’une structure hiérarchique (suzerain / vassal), où les droits étaient subordonnée à des devoirs et en fonction de sa hiérarchie sociale. La révolution française a permis la conquête de droits et de libertés, sans distinction de naissance ou de conditions sociales. Ainsi la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 déclare que : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. ». Le clivage gauche – droite oppose depuis lors ceux qui sont pour la défense d’un
ordre efficace respectant l’autorité des élites (la droite) à ceux revendiquent un progrès juste structurant l’organisation égalitaire de la cité (la gauche).
Le progrès social a permis durant les siècles suivant de développer ces droits et d’en conquérir de nouveaux. D’abord des droits individuels, puis des droits collectifs dont certains impliquent un investissement de l’état ont pu être obtenus, principalement lors de rapports de force sociaux profitant aux forces progressistes.
Or ces dernières années ont vu ce mouvement s’inverser par le jeu du libéralisme économique. Les plus aisés ont regagné dans la société moderne une place qu’ils n’avaient pas connue depuis la fin du XIXe siècle. Leurs revenus ont décuplé depuis vingt ans alors que celui du reste de la population stagne, et que le phénomène des travailleurs pauvres s’amplifie de jour en jour. La droite a choisi la rupture, c’est vrai, une rupture historique avec le progrès social.
Nous refusons cette rupture. Nous sommes fiers d’être les héritiers de cette histoire marquée par le progrès et nous réaffirmons notre volonté de construire un monde qui permette à chacun de maîtriser son parcours individuel, de construire un devenir collectif. C’est tout le sens de notre combat pour le droit à l’avenir.
Des inégalités complexes qui mettent en péril la cohésion sociale.
Notre ascenseur social est en panne ! Voici une formule bien connue des militants du Mouvement des Jeunes socialistes. En effet, les inégalités sociales tendent à se reproduire de génération en génération et deviennent sources d’exclusion.
Mener le combat pour la Justice sociale, c’est d’abord identifier les obstacles à dépasser.
Quelles sont aujourd’hui les inégalités qui sclérosent notre société ? Quels sont les modes et canaux de reproductions ?
Les socialistes doivent se poser de telles questions s’ils espèrent changer l’avenir des futures générations.
Traditionnellement les inégalités sont étudiées à travers les niveaux de revenus. Cette question est primordiale (de 1998 a 2006 en France alors que le revenu médian a progressé de 4,3%, les 10% les plus riches ont gagné 8,7% de plus, le 1% le plus riche 19,4%, le 0,1% 32% et le 0,01% 42,6%.). Mais l’évolution de la société commande la prise en compte d’autres facteurs d’inégalités: liés au territoire, au statut ou au contrat de travail, à l’origine réelle ou supposée, à l’environnement social, ou encore au genre.
Le système des inégalités est donc complexe. D’autant que l’emploi n’apparaît plus comme facteur d’intégration, l’éducation n’est plus considérée comme socle de la république et notre système de solidarité est détricoté. Et cela met en danger notre démocratie. En effet, nous ne considérons pas uniquement la démocratie comme un moyen (une voix /un homme) mais comme une fin : la capacité des hommes à maîtriser leur destin. Or comment maîtriser son destin lorsque les inégalités nous enferment au quotidien ?
Quelle égalité voulons-nous ?
Nous considérons que le combat pour l’égalité n’est pas vain ou perdu d’avance. Alors que certains veulent se contenter de faire en sorte que les chances soient égales sur la ligne de départ, peu importe les inégalités de résultat à l’arrivée. Cette conception réductrice de l’égalité tend notamment à renforcer le sentiment de culpabilité de ceux qui sont confrontés à l’échec, et ouvre la porte à des discriminations sociales fortes, sans certitude de renforcer l’égalité entre individus au final.
Nous devons défendre une égalité des droits pour tous, appuyée sur un service public de sécurité sociale pour prévenir les risques individuels par des droits collectifs, une égalité d’autonomie pour tous qui ne se limite pas à des droits factuels mais à des droits réels pour garantir l’autonomie et l’émancipation de tous.
L’égalité est donc d’abord un combat pour l’émancipation.
Le système capitaliste vise à maintenir une rente dans les mains d’un petit nombre ; il perpétue et reconstitue donc en permanences les inégalités sociales. Nous devons donc créer de nouveaux outils pour s’attaquer aux inégalités à la racine, et les réparer quand elles surgissent tout au long de la vie.

