Le conseil national du 20 juin ouvre la phase de congrès du MJS dont la première étape est le dépôt des contributions de chaque groupe politique. Au nombre de 5 (2 au sein de l’actuelle majo), ces contributions seront débattues à la rentrée, puis ce sera le temps du débat sur les textes d’orientation proposés.
Cette présentation de la contribution de TàG zoome sur certaines idées fortes que nous voulons mettre en avant dans cette 1ère phase du congrès. Néanmoins elle ne se veut pas exhaustive, il est donc important que chaque camarade puisse s’approprier la contribution et nourrir la démarche initiée par les débats qui doivent émerger des fédérations.
Cette contribution est le point de départ de la démarche que nous voulons engager pour notre mouvement. Une démarche au service d’un objectif : la transformation sociale. Cet objectif a besoin de la gauche pour être atteint, d’une gauche qui prenne le pouvoir. Et pour cela, cette gauche doit être en conquête et le MJS participera de cette mise en dynamique de la gauche pour incarner le mouvement. Etre utile à la gauche pour servir notre objectif de transformation sociale et donc être utile à la société, voilà ce qui nous amène à penser le MJS et à nous lancer de nouveaux défis.
Crise politique, inégalités, rupture démocratique
« Crise de la social-démocratie »
Les élections européennes démontrent fortement la rupture entre la social-démocratie européenne et les classes populaires. Alors que la droite a su porter le concept de protectionnisme, notamment sur le terrain de l’emploi, la gauche européenne n’a pas su rompre avec ses démons libéraux, la dénonciation des accords passés avec la droite sous le dernier mandat finissant d’achever cette démonstration. Cette absence d’un véritable contre projet politique, en phase avec les attentes de la population, ne fait que nourrir la crise du politique en accréditant son impuissance face aux forces économiques. Nous portons donc la nécessité de travailler à l’unité de la gauche, et de rejeter, à tous les niveaux, toute alliance avec la droite (notamment le Modem en France) pour retrouver les suffrages de notre électorat et engager une dynamique de victoires.
« Crise du politique »
La crise du politique est omniprésente et est au cœur de la rupture démocratique au sein de notre société. Renforcée par les scandales politico-financiers, par la montée en puissance du pouvoir économique au détriment du politique et de l’intérêt général, par la décrédibilisation de l’action publique (causée par la désillusion des promesses non tenues « je serai le président du pouvoir d’achat »…), et par le manque de perspectives à gauche, elle se traduit par une crise de confiance des citoyens envers la classe politique dans son ensemble, et envers les institutions et les partis y prenant part. Les conséquences majeures sont l’abstention massive lors des élections intermédiaires et l’attractivité des extrêmes qui dénoncent le système.
« Dissociation sociale »
Il s’agit de la perte de cohésion sociale dans un contexte de montée d’individualisme et de mise en concurrence de individus et des catégories sociales par les politiques menées par la droite. Cela passe aussi par un affaiblissant des corps intermédiaires, c’est-à-dire par le fait que l’exécutif passe outre les négociations collectives, affaiblissant ainsi encore plus les syndicats, et dévalorise toujours plus le rôle des parlementaires et les droits de l’opposition. Les exclusions territoriales, sociales, la pauvreté et les discriminations s’ajoutent à cette incapacité à créer du lien social. C’est au cœur de la rupture démocratique car les individus ne se sentent plus appartenir à une communauté de destin et ne pensent plus trouver de réponses collectives à leurs situations.
« Cens culturel »
Le cens est l’impôt que les citoyens devaient payer pour pouvoir voter au XIXè, ce qui excluait de fait la majorité de la population qui n’en avait pas les moyens. Il n’est pas acceptable qu’une élite autoentretenue cloisonne les cercles de pouvoirs et de décisions à une catégorie restreinte d’individus excluant la très grande majorité de la population de toute influence politique, économique, culturelle et médiatique. Cela participe donc pleinement au développement d’une hégémonie culturelle qui participe pleinement de la rupture démocratique.
« Société du spectacle et de l’immédiateté »
Dans la société de l’information et de la communication, le temps politique est de plus en plus subordonné au temps imposé par les médias, qui définissent et imposent quels et quand sont les sujets importants. La mise sur l’agenda politique répond à une logique d’immédiateté qui coupe le politique d’une vision à long terme et empêche les citoyens d’envisager la transformation sociale comme un objectif atteignable, car ne répondant pas à cette immédiateté. La politique prend alors le risque d’apparaître comme un spectacle chaque jour différent.
« Modèle néo-conservateur et autoritaire »
L’état providence, aux mains de gouvernements libéraux conservateurs, d’Alain Juppé à Francois Fillon, restreint les droits et les libertés. C’est un état sécuritaire et autoritaire qui produit des passeports biométriques, met des portiques de sécurité à l’entrée des collèges en France. La thématique sécuritaire, mise sur le devant de la scène politico-médiatique, exacerbe les peurs et les divisions. Elle pose la question des libertés individuelles, d’opinion, de la presse, de circulation, etc.
Imaginer une autre société, inventer un nouveau modèle de développement
Organiser les solidarités par l’appropriation sociale
L’appropriation sociale est un outil de la reconquête des espaces perdus de la démocratie au profit des sphères économiques et financières. À ce titre, des services publics accessibles à tous sont un instrument essentiel de l’organisation des solidarités et de l’effectivité des droits fondamentaux. Seule l’appropriation sociale des outils de solidarité (protection sociale, services publics de l’énergie…) et de citoyenneté, plutôt que leur privatisation, peut écarter la recherche du profit et remettre les citoyens au cœur de tous les dispositifs de redistribution en tant non seulement de bénéficiaire, mais aussi d’acteur. Cela est d’autant plus important dans une société où naissent de nouveaux risques comme le retournement de la pyramide des âges ou la paupérisation de la société.
Mieux répartir les richesses et construire une société du temps libéré
La richesse doit être redéfinie et ne peut en aucun cas être séparée du progrès social et environnemental. La place et la valeur du travail dans la société doivent aussi être repensées, car cela participe de la construction sociale de l’individu, et de notre vision d’une société émancipatrice et du temps libéré. En ce sens certaines questions sont centrales, notamment le rôle des travailleurs dans l’entreprise, l’augmentation des salaires et la réduction du temps de travail.
Mener la révolution écologique et lutter contre les bouleversements de la biosphère
Nous portons le projet d’un changement de système de production et de consommation dans l’économie et la société. Cette révolution passe par un investissement public massif (transports, énergies renouvelables) et pose la question de la mesure et de la pertinence de la croissance économique. C’est aussi une autre politique en matière d’agriculture et de logement. La question écologique est une question sociale et mondiale: les « réfugiés de l’environnement » sont de plus en plus nombreux et le prix des produits « propres » est discriminant.
Besoin de gauche
L’objectif des socialistes est la transformation sociale dans la durée et mise à disposition des citoyens des outils nécessaires à leur épanouissement et à leur émancipation. Cet objectif n’est pas seulement propre aux socialistes et nécessite que la gauche soit au pouvoir pour y parvenir.
Créer une nouvelle dynamique à gauche pour une prise de pouvoir collective
Entre victoires en trompe l’œil (régionales, cantonales) et graves défaites (présidentielles, législatives, européennes), la gauche dans son ensemble a failli dans la construction d’une stratégie de prise de pouvoir qui tienne la route. Notre génération ne peut pas se résigner à être celle des défaites de la gauche et de l’incapacité des socialistes à fédérer autour d’eux un projet de société à long terme. Nous affirmons que la gauche doit créer une nouvelle dynamique en s’ouvrant très largement au-delà de notre propre famille politique. Par l’union de la gauche, et le MJS peut y participer par son travail avec la jeune gauche, mais aussi par notre capacité nous ouvrir à tous ceux qui ne sont pas dans le cercles de la gauche politique et qui aspirent au changement, et le MJS a là aussi un rôle décisif en permettant aux jeunes de rencontrer la gauche. De notre capacité à nous dépasser dépendent nos victoires futures.
Incarner le mouvement
Résister c’est créer, créer c’est inventer ! Participation au mouvement social, désobéissance civile, organisation des solidarités etc. . Le MJS est un outil de la transformation sociale dont chacun doit pouvoir se saisir à sa manière. Etre jeune socialiste c’est porter individuellement et collectivement la volonté d’agir de toutes les manières possibles pour ouvrir la voie des possibles. Organiser les nouvelles formes de résistances qui apporteront la crédibilité à la radicalité des changements que nous souhaitons pour la société, montrer que nous avons la force de faire bouger la société, incarner une gauche qui redonne espoir aux citoyens ; voilà ce que nous voulons pour notre mouvement, pour qu’il participe à la conquête de la gauche, pour qu’elle invente un autre monde.


Que c’est beau de lire des actes qui reprennent 90 % de mes idées ^^
Etat des lieux de la social-démocratie
Avertissement contre la politique gouvernementale
Rappel de la necessité absolue du mouvement ou de la lutte …
Bref cela donne l’envie de monter au congrès pour défendre tout ça .(c’est où le prochain congrès d’ailleurs ? )